En 2026, 72 % des étangs du Sud de la France affichent des niveaux d’eau critiques ou sont complètement asséchés, selon l’Office français de la biodiversité (OFB). Cette situation, aggravée par la sécheresse persistante et les prélèvements agricoles, menace la biodiversité locale et les activités économiques comme la pêche. Les étangs de Provence-Alpes-Côte d’Azur et d’Occitanie sont les plus touchés, avec des baisses de volume d’eau dépassant 50 % par rapport à la moyenne décennale.
Les causes de l’assèchement des étangs dans le Sud
Trois facteurs expliquent l’assèchement accéléré des étangs dans le Sud de la France en 2026 : la sécheresse météorologique, les prélèvements d’eau et l’urbanisation.
Sécheresse météorologique persistante
Depuis 2022, le Sud de la France subit une sécheresse météorologique chronique. En 2025, Météo-France a enregistré un déficit pluviométrique de 30 % dans les régions PACA et Occitanie. En 2026, ce déficit atteint 40 % dans certains départements comme les Bouches-du-Rhône et l’Hérault. Les étangs, qui dépendent des précipitations et des nappes phréatiques pour leur recharge, voient leurs niveaux d’eau baisser inexorablement.
Prélèvements d’eau pour l’agriculture
L’agriculture représente 70 % des prélèvements d’eau dans le Sud de la France (INSEE, 2026). Face à la sécheresse, les agriculteurs augmentent leurs prélèvements pour irriguer les cultures, réduisant d’autant les apports en eau vers les étangs. Dans le bassin Adour-Garonne, les prélèvements ont augmenté de 18 % depuis 2020, selon la Chambre d’agriculture. Les étangs situés en aval des zones agricoles sont les premiers touchés.
Urbanisation et artificialisation des sols
L’urbanisation croissante dans le Sud de la France aggrave la situation. Les sols artificialisés, comme les parkings ou les zones industrielles, empêchent l’infiltration de l’eau dans les nappes phréatiques. En 2026, 12 % des zones humides du Sud ont été artificialisées depuis 2010 (OFB). Cette imperméabilisation réduit les apports en eau vers les étangs et accélère leur assèchement.
Impacts sur la biodiversité et les activités humaines
L’assèchement des étangs a des conséquences dramatiques sur la biodiversité et les activités économiques locales.
Disparition des espèces aquatiques
Les étangs asséchés perdent leur fonction d’habitat pour de nombreuses espèces. En 2026, l’OFB a recensé une baisse de 60 % des populations de poissons et amphibiens dans les étangs asséchés. Les espèces les plus touchées sont le brochet, la carpe et la grenouille verte. Les herbiers aquatiques, essentiels pour la reproduction des poissons, disparaissent lorsque le niveau d’eau descend sous 50 cm.
Perturbation des oiseaux migrateurs
Les étangs du Sud de la France sont des étapes clés pour les oiseaux migrateurs, comme les flamants roses ou les canards colverts. En 2026, 40 % des zones de repos pour ces oiseaux ont disparu en raison de l’assèchement (LPO, 2026). Les flamants roses, par exemple, quittent les étangs asséchés pour se diriger vers des zones plus humides, comme la Camargue, où la pression sur les ressources s’intensifie.
Conséquences économiques pour la pêche et le tourisme
La pêche, activité économique majeure dans les étangs du Sud, est gravement menacée. En 2026, 35 % des pêcheurs professionnels ont dû cesser leur activité en raison de l’assèchement des étangs (Fédération nationale de la pêche en France, FNPF). Le tourisme est également impacté : les balades en barque, les observations d’oiseaux et les activités de plein air perdent en attractivité. Les étangs de Thau et de Berre, par exemple, ont vu leur fréquentation touristique baisser de 25 % depuis 2020.
Solutions pour préserver les étangs asséchés
Face à cette crise, des solutions existent pour limiter l’assèchement des étangs et préserver leur biodiversité.
Aménagements pour retenir l’eau
Les bassins de rétention sont une solution efficace pour stocker l’eau pendant les périodes de pluie et la restituer progressivement aux étangs. En 2026, 15 % des étangs du bassin Rhône-Méditerranée sont équipés de ces bassins, avec un taux de réussite de 80 % (INRAE, 2025). Les zones profondes aménagées dans les étangs servent également de refuges pour les poissons pendant les périodes de sécheresse.
Réduction des prélèvements agricoles
Des conventions de gestion collective permettent de réduire les prélèvements d’eau pour l’irrigation. Dans le bassin Adour-Garonne, ces conventions ont permis de maintenir un niveau d’eau minimal dans 60 % des étangs prioritaires (Chambre d’agriculture, 2026). Les agriculteurs sont encouragés à adopter des techniques d’irrigation plus économes, comme le goutte-à-goutte, qui réduit la consommation d’eau de 30 %.
Végétalisation des berges
La plantation d’arbres et de plantes aquatiques le long des berges réduit l’évaporation et limite l’érosion. Les saules et les aulnes, par exemple, créent un ombrage naturel qui maintient une température de l’eau plus stable. Cette technique peut réduire les pertes d’eau par évaporation de 20 à 30 % (INRAE, 2025). En 2026, 25 % des étangs du Sud ont bénéficié de ces aménagements.
Étangs emblématiques du Sud touchés par l’assèchement
Plusieurs étangs emblématiques du Sud de la France sont gravement touchés par l’assèchement en 2026.
| Étang | Région | Niveau d’eau (2026) | Conséquences principales |
|---|---|---|---|
| Étang de Berre | Provence-Alpes-Côte d’Azur | -60 % | Disparition des herbiers aquatiques, perturbation des oiseaux migrateurs |
| Étang de Thau | Occitanie | -50 % | Mortalité des coquillages, baisse de la pêche professionnelle |
| Étang de l’Or | Occitanie | -45 % | Réduction des populations de poissons, assèchement partiel |
| Étang de Vaccarès | Provence-Alpes-Côte d’Azur | -55 % | Perte de biodiversité, perturbation des flamants roses |
L’étang de Berre, par exemple, a vu son niveau d’eau baisser de 60 % depuis 2020. Les herbiers aquatiques, qui couvraient 30 % de sa surface, ont presque disparu, perturbant les oiseaux migrateurs qui y faisaient escale. L’étang de Thau, quant à lui, subit une mortalité massive de coquillages, menaçant l’activité des pêcheurs professionnels.
Que faire en tant que citoyen ou propriétaire d’étang ?
Chacun peut contribuer à préserver les étangs asséchés, que ce soit à l’échelle individuelle ou collective.
Limiter sa consommation d’eau
Réduire sa consommation d’eau au quotidien permet de préserver les ressources disponibles pour les étangs. En 2026, les ménages du Sud de la France consomment en moyenne 150 litres d’eau par jour et par personne (INSEE). Des gestes simples, comme récupérer l’eau de pluie pour arroser les plantes ou installer des pommeaux de douche économes, peuvent réduire cette consommation de 20 %.
Participer à des actions de préservation
De nombreuses associations locales organisent des actions de préservation des étangs. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) propose des chantiers de végétalisation des berges, tandis que les Fédérations de pêche organisent des opérations de sauvetage des poissons dans les étangs asséchés. En 2026, 5 000 bénévoles ont participé à ces actions dans le Sud de la France.
Aménager son étang pour limiter l’évaporation
Les propriétaires d’étangs peuvent aménager leurs plans d’eau pour limiter l’évaporation. La création de zones profondes, la plantation d’arbres en bordure et l’installation de bassins de rétention sont des solutions efficaces. En 2026, 40 % des propriétaires d’étangs dans le Sud ont adopté ces aménagements, avec des résultats encourageants : une réduction de 30 % de l’évaporation en moyenne (FNPF).
Prochaines étapes : vers une gestion durable des étangs ?
La crise des étangs asséchés dans le Sud de la France en 2026 souligne l’urgence d’une gestion durable de l’eau. Les solutions existent, mais leur mise en œuvre nécessite une coordination entre les acteurs locaux, les agriculteurs, les collectivités et les citoyens.
Les prochains mois seront décisifs : les prévisions météorologiques annoncent un été 2026 encore plus sec que les précédents. Les étangs qui n’auront pas bénéficié d’aménagements ou de restrictions de prélèvements pourraient disparaître définitivement. Pour éviter cela, des plans de sauvegarde sont en cours d’élaboration dans plusieurs départements, comme les Bouches-du-Rhône et l’Hérault.
En attendant, les citoyens sont invités à rester vigilants et à adopter des gestes éco-responsables pour préserver ces écosystèmes fragiles. Comme le souligne l’OFB : « La protection des étangs n’est pas une option, mais une nécessité pour préserver la biodiversité et les activités économiques qui en dépendent. »


