Où se baigner dans le Var ? Trois familles de spots se partagent le département : les grandes plages de sable de la rade de Toulon aux Maures, les criques translucides du littoral et des îles, et les eaux douces du haut Var, lac de Sainte-Croix et rivières en tête. Voici les spots qui valent le trajet, avec accès et périodes.
Mer, criques ou eau douce : le panorama des spots varois
Entre la rade de Toulon et le golfe de Saint-Tropez, le littoral aligne des dizaines de plages surveillées ; à l’intérieur des terres, le Verdon et l’Argens prennent le relais. Le terrain sanitaire est plutôt rassurant : selon le bilan national des eaux de baignade publié par le ministère de la Santé pour la saison 2025, 90,2 % des 3 378 sites contrôlés en France sont classés en qualité excellente ou bonne. Le tableau ci-dessous situe les spots détaillés dans ce guide.
| Spot | Commune | Type d’eau | Profil |
|---|---|---|---|
| Les Sablettes | La Seyne-sur-Mer | Mer, sable fin | Familles, accès facile |
| Fabrégas | La Seyne-sur-Mer | Mer, sable sombre | Crique abritée du vent |
| Sainte-Asile | Saint-Mandrier-sur-Mer | Mer, sable | Calme, vue sur les Deux Frères |
| L’Estagnol | Bormes-les-Mimosas | Mer, anse peu profonde | Jeunes enfants |
| Notre-Dame | Porquerolles (Hyères) | Mer, sable blanc | Journée sauvage sans commerce |
| Gigaro | La Croix-Valmer | Mer, sable et maquis | Baignade puis sentier du littoral |
| Lac de Sainte-Croix | Bauduen, Les Salles, Aiguines | Eau douce, lac | Plages surveillées en été |
| La Bresque en aval de la cascade | Sillans-la-Cascade | Eau douce, rivière | Bassins naturels, eau fraîche |
| Vallon Sourn | Correns et Châteauvert | Eau douce, rivière | Ombre et pique-nique |
Un même week-end peut combiner deux ambiances : mer le premier jour, rivière le second, avec moins d’une heure de route entre les deux.
Les Sablettes et la presqu’île de Saint-Mandrier : la baignade familiale côté rade
La plage des Sablettes déroule plus d’un kilomètre de sable fin au sud de La Seyne-sur-Mer, sur l’isthme qui relie la ville à la presqu’île de Saint-Mandrier. Pente douce, baignade surveillée en saison, clubs nautiques et postes de secours : l’office de tourisme de La Seyne-sur-Mer met aussi en avant son label Tourisme et Handicap, obtenu pour les quatre familles de handicap. Une configuration rare sur le littoral varois, qui en fait un point de chute évident avec des enfants ou une personne à mobilité réduite. Seul revers de la médaille : le parking se remplit vite en août, et la fin de matinée se joue parfois à la place près. Visez avant 9 h 30, la mer y est plate et la plage encore clairsemée.
Le lieu se prête à la journée complète plutôt qu’au passage éclair. Midi venu, les terrasses se succèdent le long du front de mer et dans les ruelles voisines ; un repérage complet des tables du secteur évite de tourner en rond quand la faim arrive avant la fin de la sieste. L’après-midi reprend ensuite côté eau, paddle ou kayak en location sur place pendant l’été.
Juste en face, la presqu’île de Saint-Mandrier compte six plages, quatre de sable et deux de galets, détaille la mairie de Saint-Mandrier-sur-Mer :
- la Vieille, le Touring et le Canon : plages de sable labellisées Pavillon Bleu depuis plus de vingt ans ;
- Sainte-Asile : sable et pins dans le quartier de Pin-Rolland, avec une vue directe sur les rochers des Deux Frères ;
- la Coudoulière et Cavalas : galets roulés et eau limpide, face au large.
La surveillance court de début juillet à début septembre, de 10 h à 19 h. Hors de ces créneaux, la baignade reste possible mais engage votre seule responsabilité. Les plages de galets, la Coudoulière en tête, gardent une eau cristalline face au large les jours de houle : un critère qui départage souvent les deux rives de la presqu’île.

De Fabrégas à Porquerolles : les criques et plages qui font la carte postale
Au pied du cap Sicié, la crique de Fabrégas surprend par son sable fin et sombre, signature minérale du massif. Abritée du vent, surveillée l’été, équipée d’une douche et de sanitaires, elle se gagne en cinq minutes à pied depuis le domaine de Fabrégas, précise l’office de tourisme Provence Méditerranée. L’ambiance y reste plus confidentielle qu’aux Sablettes, même en août.
Plus à l’est, l’anse de l’Estagnol borde le domaine de Brégançon, une propriété familiale préservée depuis 1830 d’après l’office de tourisme de Bormes-les-Mimosas. Sable blanc, eau turquoise, profondeur très faible sur une longue distance : le site est taillé pour les jeunes enfants. L’accès se paie à l’entrée du domaine, les chiens n’y sont pas admis, et la pinède fournit l’ombre que beaucoup de plages du Var n’offrent plus en plein été.
Deux autres noms complètent la sélection littorale :
- la plage Notre-Dame, sur l’île de Porquerolles, élue plus belle plage d’Europe par European Best Destinations en 2015. Comptez une trentaine de minutes de marche depuis le village, sans aucun commerce sur place : le comité de tourisme Méditerranée Porte des Maures recommande au moins un litre et demi d’eau par personne ;
- la plage de Gigaro, à La Croix-Valmer, qui étire près de deux kilomètres de sable entre dunes et maquis, avec le sentier du littoral en prolongement pour rejoindre les criques voisines.
Sur ces spots sauvages, la logistique fait la réussite de la journée : parasol, réserve d’eau, chaussures qui tiennent aux pieds pour les sentiers, et un départ avant 10 h en haute saison. La récompense se mesure à l’arrivée : des fonds clairs, une eau limpide et des plages où la serviette du voisin ne touche pas la vôtre.
Lacs du Var : Sainte-Croix, Saint-Cassien et les plans d’eau interdits
Le lac de Sainte-Croix, adossé aux gorges du Verdon, domine la catégorie eau douce. Côté varois, trois accès aménagés se partagent les baigneurs : les plages de Bauduen, des Salles-sur-Verdon et du Galetas, sur la commune d’Aiguines, surveillées en été. L’eau turquoise, la location de pédalos vers l’entrée des gorges et les villages perchés alentour remplissent une journée entière sans temps mort.
Dans le pays de Fayence, le lac de Saint-Cassien joue une partition plus discrète : baignade autorisée dans des zones délimitées, rives boisées, familles qui fuient la cohue du littoral. Un bon plan de repli quand le vent rend la mer désagréable : mieux protégé, le plan d’eau reste praticable les jours où les plages exposées hissent les drapeaux.
Tous les plans d’eau ne se valent pas juridiquement. Le lac de Carcès, aussi appelé retenue Sainte-Suzanne, est strictement interdit à la baignade : il sert de réserve d’eau potable, rappelle l’office de tourisme de Carcès. Son tour reste en revanche ouvert toute l’année, parking gratuit, pour la promenade ou la pêche. Les amateurs de ligne prolongeront d’ailleurs volontiers côté Bouches-du-Rhône : la pêche autour d’Aix-en-Provence recense spots, espèces et réglementation.
Un point de vigilance sur les lacs du Var : les niveaux baissent nettement lors des étés secs, conséquence directe du stress hydrique qui touche la région. Vérifiez l’état de la retenue avant un long trajet. Et si vous cherchez de l’eau douce plus près de la métropole aixoise, les lacs autour d’Aix-en-Provence offrent des replis moins fréquentés.

La cascade de Sillans et les baignades de rivière du haut Var
La cascade de Sillans concentre les recherches estivales, et pour cause : la Bresque y plonge de 42 mètres, ce qui en fait la plus haute chute du Var d’après le Parc naturel régional du Verdon. L’accès part du village de Sillans-la-Cascade, par un sentier d’environ vingt-cinq minutes qui se termine en escalier de pierre ; l’ancien tracé, creusé dans des travertins fragiles, a été fermé et réaménagé par le Département pour protéger le site.
Le point qui fâche : la vasque principale est interdite à la baignade. Risques de chutes de pierres, écosystème de tuf à préserver ; des grillages barrent l’accès et des agents passent régulièrement, amende à la clé pour les contrevenants, prévient la commune de Sillans-la-Cascade. Le spectacle se contemple depuis le belvédère, et il vaut à lui seul le déplacement.
La parade existe pourtant. En suivant la Bresque en aval par un second sentier, plus long et un peu plus escarpé, la rivière forme des bassins naturels moins profonds où la baignade en rivière se pratique, dans une eau fraîche même au cœur de l’été. Arrivez tôt : les vasques sont petites et vite occupées.
Autre valeur sûre du secteur, le Vallon Sourn, où l’Argens serpente entre Correns et Châteauvert. Falaises ombragées, plages de galets, tables de pique-nique : le site absorbe bien les familles, surtout en semaine. C’est l’option fraîcheur des jours de canicule, quand le sable du littoral devient impraticable à midi.

Où se baigner dans le Var avec des enfants
Quatre spots sortent du lot quand la priorité va aux enfants :
- l’Estagnol (Bormes-les-Mimosas) : profondeur très faible, anse fermée, pinède pour la pause du midi ;
- les Sablettes (La Seyne-sur-Mer) : surveillance estivale, sable sans rochers, cheminements accessibles liés au label Tourisme et Handicap ;
- le lac de Sainte-Croix (Bauduen, Les Salles-sur-Verdon) : eau douce sans vagues ni courant, plages surveillées l’été ;
- le Vallon Sourn (Correns) : eau peu profonde par endroits, ombre naturelle une bonne partie de la journée.
Deux réflexes complètent le choix du lieu. Vérifiez d’abord les horaires exacts de surveillance, souvent calés de 10 h à 19 h en été comme sur la presqu’île de Saint-Mandrier. Privilégiez ensuite la baignade du matin : l’affluence monte fortement l’après-midi en juillet-août, et le vent aussi sur les plages exposées.
En rivière, ajoutez une règle non négociable : aucune surveillance sur la Bresque ni au Vallon Sourn, une eau qui reste froide même en août, des fonds qui changent d’une crue à l’autre. Un adulte dans l’eau avec les enfants, pas seulement sur la serviette.
Avant de partir : qualité de l’eau, affluence et bonnes périodes
Le contrôle sanitaire des baignades est public. Le site baignades.sante.gouv.fr agrège les prélèvements des agences régionales de santé, soit près de 34 000 analyses réalisées en France sur la saison 2025 selon le ministère de la Santé. Un coup d’œil avant de partir évite les mauvaises surprises après un orage, quand les eaux de ruissellement dégradent ponctuellement la qualité de l’eau. La précaution vaut doublement pour les rivières, plus réactives que la mer aux épisodes orageux.
Sur le calendrier, juillet et août concentrent l’essentiel de la fréquentation. Juin et septembre offrent une mer déjà agréable, des parkings praticables et des spots retrouvés : la logique de la saison décalée, celle des destinations françaises de voyage lent, s’applique parfaitement aux baignades varoises. Le haut Var garde en plus sa fraîcheur de rivière quand le thermomètre s’emballe.
Prochaine étape : retenez un spot de mer et un spot d’eau douce dans la liste, testez-les à quinze jours d’intervalle, puis gardez le second pour les pics de chaleur, quand le littoral sature. Le Var se prête exactement à cette alternance.
